En 2025, 17 % des entreprises de l'industrie manufacturière implantées en France utilisent au moins une technologie d'intelligence artificielle. Elles étaient 5 % en 2023 et 7 % en 2024. Ces chiffres viennent de l'enquête de l'Insee sur les technologies de l'information dans les entreprises (Insee Première n° 2120, parue le 21 juillet 2026), menée auprès de 11 000 entreprises de 10 salariés ou plus.
L'industrie manufacturière est dans la moyenne. Tous secteurs marchands confondus, 18 % des entreprises françaises utilisent l'IA. Dans l'Union européenne, l'industrie manufacturière est elle aussi à 17 %.
Quelles entreprises utilisent l'IA ?
La taille fait l'écart. En 2025, 15 % des entreprises de 10 à 49 salariés utilisent l'IA, 31 % de celles de 50 à 249 salariés et 58 % de celles de 250 salariés ou plus. À taille et secteur comparables, appartenir à une firme multinationale multiplie par 1,6 la probabilité d'utiliser l'IA, selon l'Insee.
Pour une PME industrielle, cela se traduit simplement : ses donneurs d'ordre, et ses concurrents adossés à un groupe, sont plus souvent équipés qu'elle.
Pourquoi les autres ne l'utilisent-elles pas ?
L'Insee a demandé leurs raisons aux entreprises qui n'utilisent pas l'IA. Plusieurs réponses étaient possibles.
- Pas d'utilité pour l'entreprise : 71 %
- Manque d'expertise : 54 %
- Incompatibilité avec les équipements existants : 38 %
- Inquiétudes sur la protection des données : 38 %
- Manque de clarté juridique : 38 %
- Coûts trop élevés : 32 %
- Difficultés liées aux données nécessaires : 29 %
- Considérations éthiques : 25 %
Le coût arrive en sixième position sur huit. La première raison, loin devant, est de ne pas voir à quoi l'IA servirait. La deuxième est de ne pas avoir les compétences dans l'entreprise.
Que font celles qui l'utilisent ?
Les entreprises qui utilisent l'IA citent d'abord l'optimisation des coûts (73 %), puis la qualité et la fiabilité de leurs processus (64 %). Huit sur dix ont acheté des logiciels ou des systèmes prêts à l'emploi : la plupart n'ont rien développé elles-mêmes.
Ce que nous en retenons pour une PME industrielle
Ces chiffres déplacent la question. Si le premier frein était le prix, la réponse serait une aide financière. Le premier frein est l'utilité, et la réponse est un exemple : une situation de travail que le dirigeant reconnaît, avec ses pièces, ses fournisseurs et son ERP.
C'est aussi ce que nous entendons dans les ateliers. Nous avons décrit cinq situations où l'IA sert dans une PME industrielle. Aucune ne demande de données nouvelles.
Le deuxième frein, les compétences, se traite en commençant petit : un diagnostic, puis un essai sur un seul cas. En Pays de la Loire, des structures publiques accompagnent ces deux étapes.
Questions fréquentes
Quelle part des PME utilise l'IA en France ?
En 2025, 15 % des entreprises de 10 à 49 salariés et 31 % de celles de 50 à 249 salariés utilisent au moins une technologie d'IA, selon l'Insee. Les entreprises de moins de 10 salariés ne sont pas dans le champ de l'enquête.
Quel est le premier frein à l'IA dans les entreprises ?
Ne pas en voir l'utilité : 71 % des entreprises qui n'utilisent pas l'IA le citent. Le coût est cité par 32 % d'entre elles.