Sept entreprises sur dix qui n'utilisent pas l'IA disent ne pas en voir l'utilité, d'après l'enquête de l'Insee parue en juillet 2026. Voici cinq situations de travail tirées de nos missions et de nos produits. Pour chacune : le problème, les données qu'il faut, ce que fait l'outil et ce qu'une personne continue de décider.
1. Au comptoir : retrouver une pièce ou son équivalent
Un client arrive au comptoir d'un distributeur de pièces mécaniques avec une référence, une description, ou seulement la marque de sa machine. Le vendeur cherche dans le catalogue, dans l'ERP, puis dans sa mémoire. La pièce est parfois en stock sous une autre référence. Un équivalent existe parfois chez un autre fournisseur.
Les données sont le catalogue, les articles de l'ERP et les tables de correspondance des fournisseurs. L'outil relie les références entre elles et propose la pièce ou un équivalent, avec ce qui justifie le rapprochement. Le vendeur valide. C'est le principe de ZAFIR, que nous développons, et dont le projet ZAFIR Comptoir a été labellisé par le Pôle EMC2 en octobre 2026.
2. Aux achats : prévoir les matières premières à commander
L'acheteur commande à partir de son expérience et d'un tableur. Les données existent : commandes des clients, historique des stocks, délais des fournisseurs. L'outil en tire une prévision par matière. L'acheteur la corrige et garde la décision. Nous avons travaillé ce cas chez un industriel de l'agri-santé.
3. Entre les services : saisir une seule fois
La même donnée produit est saisie au laboratoire, ressaisie à la production, puis au commerce. Deux versions finissent par se contredire, et l'étiquetage se prépare à la main. Ici, le travail porte d'abord sur les données : une seule saisie, lue par les trois services. L'IA ne vient qu'ensuite, pour signaler les écarts ou préparer les documents. Nous décrivons ce problème dans l'article sur les doubles saisies entre l'ERP, les fichiers et les logiciels métiers.
4. Au suivi client : des relances prêtes, relues par une personne
Les relances partent quand quelqu'un y pense. L'assistant les prépare à partir du CRM, des mails et des comptes rendus, et met le compte rendu à jour. Une personne relit avant tout envoi.
5. Chez le dirigeant : voir ce qui dérape avant la clôture
Le tableau de bord lit l'ERP, le CRM et les temps passés. Il signale une dépense qui sort de l'ordinaire et donne le temps facturable par projet, sans attendre la clôture du mois. C'est l'objet de Sokl, édité par Agel Studio.
Ce que ces cinq cas ont en commun
Aucun ne demande de données nouvelles. Elles sont déjà dans l'ERP, le CRM, un serveur dans un local, des fichiers tenus à la main. Le travail consiste à les relier et à savoir qui en répond.
Dans chacun, une personne garde la décision : le vendeur, l'acheteur, le commercial, le dirigeant.
Aucun ne commence par l'outil. On commence par un diagnostic, puis par un essai sur un périmètre réduit, que l'on peut arrêter.
Questions fréquentes
Faut-il un ERP récent pour utiliser l'IA ?
Non. Un premier essai peut partir des exports et des fichiers que l'entreprise produit déjà. Ce qui compte, c'est de savoir d'où vient chaque donnée et qui la corrige.
Par quel cas commencer ?
Par celui où le temps perdu se voit déjà : les recherches au comptoir, les ressaisies, les relances oubliées. Et où les données existent, même imparfaites.
Sources
- Insee, Insee Première n° 2120, 21 juillet 2026
- Cas travaillés par Agel, décrits sans nom de client.